Brosse à dents, bouilloire, bonnet, caisse à outils, seau… Quels sont les objets indispensables d’un skipper au quotidien sur son bateau ?
Lors du Vendée Globe 2016, l’arrivée des foils a révolutionné la course. Ces grandes « moustaches » qui se trouvent de chaque côté du bateau ont permis aux skippers d’aller encore plus vite. Depuis, les bateaux du Vendée Globe sont parfois surnommés « les Formules 1 des mers ».
Cette augmentation de la vitesse n’est pas sans conséquence : le bruit dans le bateau a lui aussi augmenté. Ce bruit incessant est particulièrement épuisant et peut être provoqué par :
Un vacarme qui peut empêcher le repos du skipper et lui faire perdre un peu d’audition. Pour se couper de ce bruit assourdissant, les solitaires emportent à bord un casque anti-bruit. Ce casque leur sert aussi parfois à écouter de la musique pour « couper » avec l’environnement sonore du bateau.
Pour en savoir plus : Le sifflement incessant des foils | Vendée Globe 2024
Pendant le Vendée Globe, les skippers affrontent différentes conditions météorologiques : froid, vent violent, forte chaleur, etc.
Pour les zones tropicales très ensoleillées (comme lorsqu’ils passent la ligne équatoriale), il est nécessaire que le skipper dispose d’une bonne crème solaire pour protéger les zones non couvertes de son corps, par tous les temps.
En effet, en mer, les dangers liés au soleil sont plus importants que sur la terre. Tout d’abord, l'eau renvoie 10 % à 30 % des rayons ultraviolet (UV) qu’elle reçoit. À cela s’ajoute la réflexion du soleil sur les voiles et le pont du bateau. Et même avec du vent, des embruns et des températures fraîches, les rayons UV du soleil qui attaquent la peau des skippers, sont toujours présents.
L’hygiène à bord est essentielle, mais pourtant, les skippers n’ont ni douches ni toilettes dans leur bateau. Le seau est alors un outil indispensable !
Lorsque le skipper souhaite faire la vaisselle, se laver ou faire ses besoins, il n’est pas recommandé de se pencher par-dessus bord au risque de tomber à la mer. La plupart des marins se contentent d’un seau.
Rassurez-vous… Le seau pour se laver n’est pas le même que pour faire ses besoins. Les skippers emmènent donc toujours deux seaux différents.
Lors du Vendée Globe, les skippers sont loin de tout : ils doivent être autonomes pendant plusieurs mois. C’est pourquoi, avant de partir, le navigateur doit suivre obligatoirement un stage médical. Après ce stage, le skipper sera en mesure de décrire des symptômes, de pratiquer l’automédication, de faire un pansement compressif, de soigner une brûlure, une entorse, de suturer (recoudre la peau), etc.
Le règlement indique que c'est une course sans assistance, à l'exception de l'assistance médicale : les skippers contactent régulièrement le médecin de course par téléphone, courriel ou visioconférence. Ils peuvent ainsi échanger et recevoir les conseils afin de se soigner et prendre soin d'eux. La trousse de secours est un élément important à bord. Elle a été pensée pour et avec les skippers. Elle est adaptée aux besoins spécifiques de la navigation en solitaire autour du monde. C’est un outil de survie indispensable pour faire face aux imprévus.
Les organisateurs de la course les obligent à mettre dans leur voilier trois trousses à pharmacie : dans les deux radeaux de survie (un à l’intérieur, un à l’extérieur) et dans le bateau.
Pendant le Vendée Globe 2020, Damien Seguin avait dû se recoudre lui-même suite à une coupure au niveau du bras gauche. Comme les éditions précédentes, les skippers cette année n’ont pas été épargnés par les "bobos" et la trousse de secours était de sortie ! Voici quelques exemples, parmi tant d’autres :
Au fil des éditions, les bateaux de course sont devenus de plus en plus performants. Les blessures deviennent comparables à celles rencontrées dans le sport mécanique ! On parle de plus en plus de fractures et de traumatismes (crâniens notamment). La trousse de secours est donc un indispensable mais aussi les équipements de sécurité (casque, siège baquet ergonomique, ceinture 3 points...).
Les bottes sont les fidèles compagnons des marins du Vendée Globe.
Ces bottes sont loin d’être ordinaires, elles sont étanches. C’est-à-dire qu’elle ne laisse pas rentrer l’eau. Elles sont ainsi fabriquées avec des matériaux étanches comme le caoutchouc, le néoprène ou le Gore-tex, des matériaux utilisés pour les vêtements de pluie et de plongée. Ces matériaux sont très isolants même lorsqu’il fait froid.
En plus d’être étanches, les bottes doivent également être confortables et antidérapantes pour ne pas gêner le skipper dans ses manœuvres. Par exemple, certaines bottes ont des ventouses qui facilitent l’adhésion au sol. Les bottes sont également conçues pour protéger le skipper d’éventuelles blessures et limiter l’usure sur les zones du pied exposées, comme le talon.
Selon les différentes conditions météorologiques (temps chauds, temps froids, humidité extrême) le navigateur adapte sa botte en ajoutant des guêtres (élément qui recouvre et facilite l’évacuation de l’eau vers l’extérieur de la botte).
Grâce à cette paire de bottes, les skippers feront le tour du monde sur un bateau tout en ayant les pieds bien au sec !
L’hygiène à bord est très importante, elle compte beaucoup dans la performance. Si les skippers sont malades, ils vont être moins lucides et donc moins performants : ils ont tout de même une course à finir !
Se brosser les dents fait partie des priorités pour les skippers, même pendant la course du Vendée Globe. Maxime Sorel confie être « assez à cheval là-dessus » et qu’il s’oblige à se laver les dents « minimum une fois par jour ». En effet, à de nombreuses reprises, des skippers ont dû abandonner ou bien prendre le temps de se soigner à cause de leurs… dents !
Le navigateur a dû abandonner la course à cause d’une rage de dents. Une croûte de pain se serait coincée dans ses dents le jour du départ alors qu’il mangeait un sandwich. La douleur était insoutenable. Il a dû abandonner au large de l'Australie pour se faire soigner.
L’histoire a fait le tour du monde. Le 9 janvier 1993, lors d’un incident sur son bateau, Bertrand De Broc s’est coupé la langue. Il était impératif de recoudre pour éviter une infection. Guidé à distance, le skipper a réussi à pratiquer l’opération lui-même.
Le skipper suisse s’est cassé une dent en mangeant pendant la course. L’opération pour soigner la dent s’est réalisée pratiquement sans anesthésie avec des instruments sommaires et grâce à une visioconférence.
Si ce geste du quotidien est fortement conseillé pendant la course. Les bateaux lancés à pleine vitesse peuvent rendre l’exercice du brossage de dents compliqué :
« Le quotidien des skippers à bord est extrêmement régulé, et le brossage des dents fait partie des tâches quotidiennes, répétitives, qu’il faut faire. Ce n’est pas simple de se brosser les dents en pleine mer pour autant, je leur conseille de le faire comme dans la vraie vie, c’est-à-dire après chaque repas » précise l’ancien médecin de la course Jean-Yves Chauve.
Comme le dit si bien Jean Le Cam, à bord, les skippers n’ont « pas grand-chose ». Pour cuisiner, pas de cuisine aménagée ! Les skippers utilisent seulement une bouilloire.
En effet, les skippers consomment principalement des repas lyophilisés pour leur légèreté et leur facilité de stockage. Pour préparer ces plats, il faut ajouter de l'eau chaude, et une bouilloire permet de chauffer rapidement cette eau, même dans les conditions difficiles de la course.
La bouilloire permet de se préparer des boissons chaudes pour se réchauffer quand il fait froid. Dans un entretien pour l’Équipe, Jean Le Cam confiait qu’il se servait d’une bouteille isotherme (qui garde la chaleur) pour conserver l’eau chaude tout au long de sa journée, lui évitant ainsi de refaire chauffer de l’eau plusieurs fois. Un gain de temps mais aussi d’énergie !
Avoir une bouilloire à bord est aussi utile pour chauffer l’eau de la douche lorsque les températures extérieures sont basses.
Pour en savoir plus, Yannick Bestaven vous explique comment il cuisine en mer.
L’eau est indispensable à la vie à bord. Mais l’eau de mer qui entoure le skipper n’est pas potable et se laver avec n’est pas conseillé : le sel qu’elle contient n’est pas agréable et pique la peau. Pour boire, se laver et cuisiner, les skippers ont besoin de 3,5 litres d’eau douce par jour, soit 135 kg d'eau pour un voyage de 90 jours. Pour ces aventuriers des mers qui cherchent à rendre leur bateau le plus léger possible, il faut donc trouver une solution.
Ils transforment alors l’eau de mer en eau douce avec leurs 2 dessalinisateurs, des machines qui enlèvent le sel de l’eau de mer afin de la rendre potable. Il est important d’en avoir 2, car si l'un d'eux est en panne l'autre peut être utilisé. Ces machines fonctionnent très bien, mais lentement, d’autant plus qu’elles ont besoin d’énergie pour filtrer l’eau, et que cette énergie est aussi produite sur le bateau (par exemple avec des panneaux solaires).
Le règlement du Vendée Globe oblige toutefois les skippers à partir avec un minimum de réserve d’eau douce avec eux (un peu moins de 20 litres). Il se peut que les dessalinisateurs tombent en panne malgré tout. C'est ce qu'a vécu Louis Burton lors du Vendée Globe 2020. Il était à quelques jours de navigation pour rejoindre les Sables-d'Olonne, derrière Charlie Dalin. Il n'avait plus d'eau potable à bord ! Il a récupéré de l'eau de pluie lors de son passage dans le pot-au-noir ! Cela lui a permis de cuisiner et de boire suffisamment pour terminer sa course. Il a quand même expliqué que c'était un moment difficile pour lui car cela s'est couplé avec un manque de gaz. Il ne pouvait plus faire chauffer ses plats... pas facile tous les jours pour nos skippers !
Pour en savoir plus, Damien Seguin vous explique en vidéo comment s’hydrater à bord : https://youtu.be/wD2kcPoq0Gs
Les skippers du Vendée Globe sont certes des héros mais ils sont comme nous : ils mangent ! Mais à bord d'un IMOCA parfois lancer à plusieurs dizaines de noeuds, ce n'est pas toujours simple.
En effet, pendant le Vendée Globe, les skippers s’engagent dans une aventure d’au moins 80 jours en autonomie totale, avec des contraintes alimentaires bien spécifiques : pas de frigo ni de micro-ondes ! Pour les premiers jours, ils embarquent quelques produits frais, mais leur alimentation repose principalement sur des repas lyophilisés (plat où l’on a retiré l’eau) et appertisés (boîte de conserve). Ils varient entre ces deux types de plat pour éviter la fonte musculaire due au manque de mastication Les navigateurs utilisent un réchaud à gaz pour chauffer l’eau afin que le plat "reprenne forme".
Chaque skipper emporte à bord entre 150 et 200 kg de nourriture , un poids important qui doit être réparti intelligemment à bord pour équilibrer le bateau. Parfois, pour optimiser les performances du bateau, les skippers sont amenés à matosser (déplacer le matériel pour équilibrer le bateau) plusieurs fois par jour ces sacs lourds de nourriture.
Dans une course aussi intense que le Vendée Globe, l’alimentation est très importante, elle participe à la bonne performance des skippers. Dans les zones chaudes, ils consomment environ 2 à 3 repas par jour, tandis qu’en zone froide, les besoins énergétiques plus élevés les poussent à monter jusqu’à 4 repas quotidiens.
L’alimentation est aussi cruciale pour le moral des skippers qui bravent parfois des conditions extrêmes. Certains travaillent même avec des chefs étoilés pour créer des plats adaptés mais réconfortants. Par exemple, Yoann Richomme a confié qu’il emporterai une tartiflette lyophilisée pour affronter le froid des mers du Sud.
Et s'ils manquent des plats ? Lors de l’édition 1996-1997 Yves Parlier a manqué de nourriture, il a donc pêché et mangé du gauémont pour pouvoir survivre. En 2016, c’est Sébastien Destremau qui avait manqué de nourriture car une partie de ses vivres avait pris l'eau ; il avait donc pêché afin de pouvoir se nourrir !
En savoir plus : Vendée Globe 2024 - Comment s'alimenter à bord d'un IMOCA ? https://www.youtube.com/watch?v=bwlWzryUB2k
En faisant un tour du monde, les skippers affrontent tous les temps, ils ont alors tout intérêt à prévoir plusieurs types de vêtements. Dans certaines zones comme les mers de l’hémisphère sud, les skippers du Vendée Globe bravent des conditions climatiques extrêmes (humidité permanente, vent violent, etc.). Face à de telles conditions, leurs vêtements jouent un rôle crucial pour leur confort, leur sécurité, mais aussi leur performance.
Pour une course sur les océans, le vêtement indispensable est sans nul doute le vêtement imperméable, qui le protégera de l’eau et maintient le skipper bien au sec. Ces vêtements sont généralement composés de matière néoprène (sorte de matière en caoutchouc, la même que pour les combinaisons de plongée) qui rend le vêtement étanche. D’autres vêtements utilisent le Gore-Tex ou le Dermizax qui sont des matières à membrane hydrophile (qui repousse l’eau).
La tenue imperméable des skippers comprend généralement une salopette et une veste à capuche haute, avec des poignets et des chevilles ajustables pour éviter toute infiltration. Les couleurs vives, comme le jaune ou l’orange, augmentent la visibilité en mer, essentielle en cas d’incident. Enfin, ces vêtements intègrent souvent des renforts au niveau des genoux et des coudes pour la durabilité, des poches étanches, et des éléments réfléchissants pour la sécurité nocturne.
La caisse à outils des skippers du Vendée Globe est un élément essentiel pour leur survie en mer. Tout seul à bord pendant des semaines, ils doivent pouvoir se débrouiller en cas de casse ou de problèmes techniques sur leur bateau.
Leur caisse contient toutes sortes d’outils : tournevis, clés, pinces, marteaux, mais aussi des équipements de soudure et de résine pour les réparations d’urgence de la coque ou encore des tissus adhésifs pour réparer les voiles. Ils y ajoutent souvent des pièces de rechange pour les gréements (pièces fixes du bateau), l’accastillage (accessoires qui servent pour les manœuvres réalisées sur le pont) et l’électronique.
Chaque skipper la prépare donc avec soin, pensant aux pannes spécifiques à son bateau, car en solitaire, l’autonomie est vitale.
Tous ces outils sont indispensables au skipper qui passe parfois des journées entières à bricoler. Durant l'édition 2020, après cinq jours de navigation compliqués, Nicolas Troussel affirmait alors « passer plus de temps à réparer qu’à naviguer ».
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